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La surface : le chiffre qui pèse le plus, et le moins fiable

Tout se calcule au mètre carré, et il existe au moins quatre façons de compter les mètres carrés d'un logement. Laquelle la donnée publique utilise, et l'erreur que cela produit.

contient une mesure de ce site

Le prix au mètre carré est le langage commun de l’immobilier. Il suppose qu’on sache combien un logement compte de mètres carrés, et c’est là que tout se complique.

Les quatre surfaces d’un même logement

La surface habitable. Les planchers des locaux clos et couverts, déduction faite des murs, cloisons, marches, gaines, embrasures, et des parties de hauteur inférieure à un mètre quatre-vingt. C’est la notion la plus restrictive.

La surface au sens du mesurage obligatoire en copropriété. Proche de la précédente, avec ses propres règles de déduction. Elle est obligatoire à la vente d’un lot en copropriété, et son erreur ouvre des droits à l’acquéreur.

La surface de plancher. Notion d’urbanisme, utilisée pour les autorisations de construire. Elle ne sert pas à décrire un logement à vendre.

La surface « utile » ou « pondérée » des annonces. Elle ajoute parfois des combles, un sous-sol aménagé, une véranda, avec une pondération variable selon l’annonceur. Elle n’a aucune définition normalisée.

Un même logement peut donc s’annoncer à quatre-vingt-dix mètres carrés ou à cent vingt selon la notion retenue, sans que personne ne mente.

Ce que la donnée publique utilise

Le fichier des mutations porte une surface issue des déclarations fiscales, et elle correspond en pratique à la surface bâtie du local telle que le cadastre la connaît. Elle n’est pas la surface habitable au sens du mesurage obligatoire, et l’écart n’est ni constant ni prévisible.

La conséquence : un prix au mètre carré calculé sur cette source n’est pas directement comparable à un prix calculé sur une surface habitable annoncée. Le premier est en général un peu plus bas, parce que le dénominateur est un peu plus grand.

C’est une limite structurelle, et aucun filtre ne la corrige.

Comment nous limitons les dégâts

Nous écartons les surfaces aberrantes, en dessous de 9 mètres carrés et au-dessus de 400.

Nous écartons les prix au mètre carré impossibles, hors de la fourchette de 200 euros à 30 000 euros. Ce filtre attrape surtout les erreurs de surface : quand la surface est fausse d’un facteur dix, le prix au mètre carré sort de la fourchette.

Nous publions le barème par tranche de surface, ce qui permet de comparer un bien à des biens de sa taille plutôt qu’à la moyenne de tous. Le seuil est de 5 ventes par tranche.

L’effet de taille, qui est systématique

Un petit logement se vend plus cher au mètre carré qu’un grand, dans presque tous les marchés. C’est mécanique : la cuisine, la salle de bains et les raccordements coûtent à peu près le même prix quelle que soit la surface, et ils sont répartis sur moins de mètres carrés.

Comparer un studio à la médiane communale, qui mélange toutes les tailles, sous-estime donc systématiquement le studio. C’est l’erreur la plus fréquente sur les petites surfaces, et le barème par tranche existe pour l’éviter.

Le conseil pratique avant de vendre

Faites mesurer. Pour un lot en copropriété, le mesurage est obligatoire et son erreur se paie. Pour une maison, il n’est pas obligatoire et il reste utile : une surface annoncée trop généreuse se découvre pendant les visites et fait perdre la confiance de l’acheteur au pire moment.

Annoncez la notion utilisée. « 92 mètres carrés habitables » est vérifiable ; « environ 110 mètres carrés » ne l’est pas et invite à la suspicion.

À lire ensuite

Les chiffres cités viennent des demandes de valeurs foncières publiées en Licence Ouverte, et leur calcul est décrit sur la page de méthode. Ce site n'est ni un agent immobilier, ni un notaire, ni un service d'estimation : il publie des ventes passées et montre lesquelles.

Prix calculés à partir des demandes de valeurs foncières publiées par la Direction générale des finances publiques en Licence Ouverte, noms de voies d'après la Base Adresse Nationale, contours des départements par les contributeurs d'OpenStreetMap sous licence ODbL. Ce site n'est ni un agent immobilier, ni un notaire, ni un service de l'État. Il ne vend rien, il ne demande aucune coordonnée, et l'estimation est calculée dans votre navigateur.