Viager, nue-propriété, indivision : trois prix qui ne se comparent pas
Ces ventes figurent dans les données publiques au prix inscrit dans l'acte, qui ne correspond pas à la valeur du bien. Pourquoi nous les écartons, et comment les lire si vous en croisez une.
contient une mesure de ce site
Trois types de mutations produisent des prix qui ne décrivent pas la valeur du bien. Elles sont dans la source publique, et les compter comme des ventes ordinaires faussait nos médianes.
Le viager
Le prix inscrit dans l’acte est le bouquet, c’est-à-dire la part payée immédiatement. La rente, versée ensuite jusqu’au décès du vendeur, n’y figure pas.
Conséquence : une vente en viager apparaît à un prix très inférieur à la valeur du bien. Sur une commune où il s’en produit plusieurs, la médiane baisserait sans raison.
La nue-propriété
La vente porte sur la propriété sans la jouissance, l’usufruit restant au vendeur. Le prix payé est donc une fraction de la valeur du bien, fraction qui dépend de l’âge de l’usufruitier.
Conséquence : même effet, avec une amplitude variable et non déductible du seul acte.
L’indivision et les cessions partielles
Une vente de parts indivises porte sur une fraction du bien. Le prix inscrit est celui de la fraction.
Conséquence : une maison dont on vend un tiers apparaît comme une maison vendue au tiers de sa valeur.
Comment nous les écartons
Nous n’avons pas de champ qui les identifie toutes explicitement. Notre défense est indirecte, par les filtres de vraisemblance :
Le filtre de prix, qui écarte les mutations de moins de 10 000 euros.
Le filtre de prix au mètre carré, qui écarte ce qui sort de la fourchette de 200 euros à 30 000 euros. C’est celui qui attrape le plus de ces cas : un bouquet de viager sur une grande maison produit un prix au mètre carré très bas.
Le choix de la médiane plutôt que la moyenne. Une médiane résiste aux valeurs extrêmes : quelques ventes atypiques ne la déplacent pas.
Ce que cela ne garantit pas : un viager avec un bouquet important sur un petit bien passe les filtres. Nous ne prétendons pas les avoir tous écartés, et c’est une des raisons pour lesquelles nous publions la liste des ventes : une vente anormalement basse s’examine.
Comment les repérer dans une liste de ventes
Trois indices, quand vous consultez le détail d’une commune :
Un prix au mètre carré très inférieur aux autres ventes de la même rue, sans que le bien soit visiblement en ruine.
Une vente de faible montant sur une grande surface.
Plusieurs mutations successives sur la même adresse à quelques années d’intervalle, ce qui peut signaler des cessions de parts successives.
Dans le doute, écartez la vente de votre comparaison. Une vente atypique dans un échantillon de cinq déplace la conclusion.
Le conseil pratique
Si vous envisagez vous-même un viager ou une vente en nue-propriété, aucun prix de marché ne s’applique directement : le calcul repose sur des barèmes d’espérance de vie et de rendement, et il relève du notaire. Comparer votre bouquet aux médianes de ce site n’a aucun sens, et le comparer à la valeur en pleine propriété est la première étape, celle pour laquelle nos prix servent.
À lire ensuite
- Combien vaut une piscine, une véranda, des combles aménagés ? 28 août 2026
- Zone inondable, zone de bruit, antenne relais : ce que ça change au prix 12 août 2026
- Le prix d'un bien avec travaux : la méthode du devis 29 juillet 2026
- Le prix d'un bien loué : ce que le bail change 17 juillet 2026
Les chiffres cités viennent des demandes de valeurs foncières publiées en Licence Ouverte, et leur calcul est décrit sur la page de méthode. Ce site n'est ni un agent immobilier, ni un notaire, ni un service d'estimation : il publie des ventes passées et montre lesquelles.