Cotation immobilière

Des ventes réelles, et vous voyez lesquelles

Accueil / Analyses / Acheter dans une commune où il se vend cinq biens par an

Acheter dans une commune où il se vend cinq biens par an

Sans comparables, la méthode habituelle ne s'applique pas. Cinq façons de se repérer quand la donnée manque, et le piège du prix de la commune voisine.

contient une mesure de ce site

Sur les 21 881 communes couvertes par notre relevé, 21 877 ont assez de ventes pour qu’un prix soit publié. Les autres existent, et leur marché est trop mince pour qu’un chiffre veuille dire quelque chose : le seuil est de 5 ventes.

Si vous achetez dans une de ces communes, voici comment se repérer.

Pourquoi nous ne publions rien plutôt qu’un chiffre approximatif

Avec trois ventes sur cinq ans, la médiane est la deuxième valeur. Une seule vente atypique, une grange, une maison de famille cédée entre proches, et le chiffre publié serait faux de cinquante pour cent.

Afficher ce chiffre serait pire que ne rien afficher, parce qu’il aurait l’apparence d’une mesure.

Les cinq façons de se repérer

1. Élargir la période, pas le territoire. Regardez les ventes de la commune sur cinq ans plutôt que sur un an. Le marché a bougé entre-temps, et une vente réelle dans le village vaut mieux qu’une médiane du canton.

2. Regarder les ventes des communes limitrophes de même nature. Attention : « limitrophe » ne suffit pas. Un village à quinze minutes d’une gare et son voisin sans desserte n’ont pas le même marché. Le critère est l’accès, pas la distance.

3. Consulter la liste des ventes, pas la médiane. C’est l’usage principal de ce site dans ce cas de figure : quatre ou cinq ventes examinées une par une, avec leur surface et leur date, informent mieux que n’importe quel agrégat.

4. Demander au notaire local. Il connaît les ventes de son ressort, y compris celles qui ne sont pas encore publiées, et il connaît le contexte de chacune. Sur un marché mince, c’est la meilleure source disponible.

5. Regarder les biens en vente depuis longtemps. Sur un marché mince, un bien affiché depuis dix-huit mois dit quelque chose sur le prix demandé, et le nombre d’annonces actives dit quelque chose sur la liquidité.

Le piège du prix de la commune voisine

C’est l’erreur la plus fréquente, et elle coûte cher dans les deux sens. Nous mesurons une prime médiane de 11,1 % entre le pôle d’une aire et sa couronne, avec 30,4 % des aires à contre-sens.

Autrement dit, transposer un prix d’une commune à sa voisine se trompe de sens dans près d’un tiers des cas. Sur un marché mince, cette transposition est pourtant le réflexe de tout le monde.

La conséquence sur la liquidité, qui compte autant que le prix

Un marché mince, c’est un délai de revente long. Un bien acheté au bon prix dans un village où il se vend cinq biens par an peut demander deux ans pour être revendu.

Ce n’est pas un argument contre l’achat : c’est un paramètre à intégrer. Un acheteur qui a besoin de pouvoir revendre en six mois ne doit pas acheter là, quel que soit le prix.

Ce qu’il faut retenir

Sur un marché mince, le prix se constate, il ne se calcule pas. Quatre ou cinq ventes réelles examinées avec attention, un notaire local, et la mesure du temps d’affichage des annonces : c’est tout ce dont on dispose, et c’est suffisant pour ne pas se tromper de vingt pour cent.

À lire ensuite

Les chiffres cités viennent des demandes de valeurs foncières publiées en Licence Ouverte, et leur calcul est décrit sur la page de méthode. Ce site n'est ni un agent immobilier, ni un notaire, ni un service d'estimation : il publie des ventes passées et montre lesquelles.

Prix calculés à partir des demandes de valeurs foncières publiées par la Direction générale des finances publiques en Licence Ouverte, noms de voies d'après la Base Adresse Nationale, contours des départements par les contributeurs d'OpenStreetMap sous licence ODbL. Ce site n'est ni un agent immobilier, ni un notaire, ni un service de l'État. Il ne vend rien, il ne demande aucune coordonnée, et l'estimation est calculée dans votre navigateur.